La ferme charpente est une structure triangulaire qui soutient la toiture et répartit les charges de neige et de pluie. Sept modèles principaux existent, du plus ancien au plus technique. Chacun répond à des contraintes précises de portée, de pente et d’aménagement des combles.
Une charpente mal dimensionnée compromet toute une construction. La ferme est l’élément qui absorbe les charges et les transmet aux murs porteurs. Ce dossier détaille les sept types de fermes courants, leurs portées réelles et les normes qui encadrent leur pose en France.
À retenir :
- Sept types de fermes existent, de la latine simple à la Polonceau industrielle, chacun adapté à une portée et un usage précis.
- Le choix du matériau, bois ou métal, influence le coût, la durabilité et la capacité de charge de la structure.
- La conformité au DTU 31.1 et un calcul de charge rigoureux conditionnent la sécurité de tout projet de charpente.
Les éléments qui composent une ferme charpente
Une ferme typique s’appuie sur trois pièces fondamentales : l’entrait, poinçon et arbalétrier. Ces éléments forment un triangle indéformable qui encaisse les efforts de compression et de traction. Cette géométrie garantit la stabilité de l’ensemble face aux charges permanentes.
Le bois domine encore la construction de fermes en France, pour sa légèreté et son esthétique naturelle. Les fermes métalliques gagnent du terrain dans les bâtiments commerciaux, où elles autorisent des sections plus fines. Le choix du matériau détermine le coût final, la capacité de charge et la durée de vie de l’ouvrage.
La pente du toit, le poids de la couverture et le projet d’aménagement des combles orientent la sélection. Un professionnel évalue ces critères avant de recommander un modèle. Pour approfondir, Choisir le type de charpente adapté évite bien des erreurs de dimensionnement, et comment choisir sa charpente détaille les critères techniques à vérifier avant tout devis.

Les sept types de fermes de charpente
Chaque modèle de ferme répond à une contrainte architecturale distincte. La portée, la pente et l’usage des combles guident le choix entre ces sept configurations.
La ferme latine, un modèle ancien et économique
La ferme latine est la forme la plus ancienne encore utilisée. Sa portée atteint généralement 8 mètres, un chiffre à vérifier selon les essences de bois employées. Son design triangulaire simple en fait une solution économique pour des constructions classiques.
Cette ferme limite l’aménagement des combles par son entrait bas. Elle convient surtout aux bâtiments qui n’exigent pas d’espace habitable sous toiture. Sa robustesse est un argument fort pour les granges et dépendances.
La ferme à entrait retroussé, pensée pour les combles
Cette variante remonte l’entrait pour libérer de la hauteur sous plafond. Elle facilite l’aménagement des combles perdus en espace de vie. Les techniques d’assemblage du bois employées ici diffèrent légèrement de celles d’une ferme classique, car les techniques d’assemblage du bois doivent compenser le décalage de l’entrait.
La ferme sur blochet, pour une liberté maximale
Ce modèle partage plusieurs traits avec la ferme à entrait retroussé. Sa spécificité tient au fait que ses arbalétriers ne transmettent aucune force compressive sur les murs porteurs. Cette caractéristique élargit les possibilités d’aménagement, un atout recherché en rénovation.
La ferme à la Palladio, pour les grands volumes
Née à la Renaissance, la ferme à la Palladio se reconnaît à son design complexe. Sa portée peut atteindre 18 mètres, une donnée à confirmer selon les charges réelles du projet. Des suspentes latérales soulagent l’entrait et renforcent la stabilité générale.
Ce modèle convient aux salons volumineux et aux greniers aménagés. Sa capacité à couvrir de grandes surfaces sans appui intermédiaire justifie son coût plus élevé. Les architectes l’utilisent encore pour des restaurations de bâtiments anciens.

La ferme à la Polonceau, star de l’industrie
Cette structure marque les grandes charpentes industrielles du XIXe siècle, une origine à vérifier selon les sources architecturales. Des suspentes verticales et des contrefiches inclinées renforcent la stabilité de l’ensemble. Ce système répartit les charges sur de longues distances sans point d’appui intermédiaire.
Les halles, hangars agricoles et bâtiments publics adoptent ce modèle pour ses grandes portées. Sa robustesse libère l’espace intérieur de tout pilier encombrant. Cette liberté d’aménagement séduit encore les architectes contemporains.
La ferme à la Mansart, l’alliée des combles habitables
Inspirée de l’architecture classique française, la ferme à la Mansart épouse les toitures à double pente. Un brisis et un terrasson composent cette structure typique. Elle optimise les combles, souvent transformés en espaces de vie complets.
Sa conception propose une grande hauteur sous plafond dans la partie centrale. Les maisons de caractère et immeubles anciens l’utilisent fréquemment. Des projets contemporains la reprennent aussi pour combiner esthétique et surface habitable.
La ferme boiteuse, une réponse sur mesure
Cette solution technique s’applique quand les appuis de la charpente ne sont pas à la même hauteur. Les toitures à pentes inégales, adossées ou en L, réclament ce type de toiture asymétrique. Un arbalétrier plus court ou moins incliné que l’autre lui donne son nom.
Cette ferme se fabrique presque toujours sur mesure. Elle répond à des contraintes architecturales spécifiques qu’aucun modèle standard ne couvre. Son coût de fabrication est supérieur aux modèles de série.
Bois ou métal : comparatif des matériaux
Le choix du matériau conditionne le budget, la durabilité et la capacité de charge d’une ferme charpente. Un tableau comparatif aide à visualiser les écarts entre bois massif, lamellé-collé et acier.
| Critère | Bois massif | Lamellé-collé | Métal |
|---|---|---|---|
| Portée maximale usuelle | 8 à 10 m | 12 à 18 m | 20 m et plus |
| Durée de vie moyenne | 50 à 100 ans | 50 à 100 ans | 30 à 50 ans |
| Entretien requis | Traitement tous les 10 ans | Traitement tous les 10 ans | Contrôle anticorrosion |
| Poids de la structure | Léger | Léger à moyen | Moyen à lourd selon section |
Ces valeurs sont indicatives et varient selon l’essence, la section et le fabricant. Un calcul de charge précis est indispensable avant tout choix définitif. Pour les grandes portées industrielles, les fermes métalliques sont la plupart du temps la seule option viable techniquement.
Charpente traditionnelle ou fermette industrielle
Deux philosophies s’opposent dans la construction de fermes charpente : la fabrication artisanale et la production en série. Ce choix influence directement le budget et les délais de chantier.
La charpente traditionnelle utilise des pièces de forte section, assemblées par un charpentier sur mesure. La charpente à fermette dépend au contraire des éléments industriels préfabriqués, plus légers et rapides à poser. Le comparatif entre charpente traditionnelle et fermette révèle des écarts de prix significatifs selon la surface du projet.
La fermette industrielle séduit les constructeurs par sa rapidité de pose et son coût maîtrisé. Elle limite en revanche l’aménagement des combles, faute d’entrait haut. Ce critère pèse lourd dans le choix final d’un maître d’ouvrage.
Assemblage et pièces clés d’une ferme charpente
La solidité d’une ferme dépend autant du matériau que de la qualité de ses assemblages. Tenons, mortaises et connecteurs métalliques garantissent la tenue de l’ensemble dans le temps.
Les assemblages traditionnels en bois, à tenons et mortaises, apportent une esthétique soignée et une solidité éprouvée depuis des siècles. Les joints métalliques accélèrent la pose et réduisent les coûts de main-d’œuvre, un atout pour les gros chantiers. Pour comprendre l’ensemble de la structure, les principales pièces d’une charpente en bois méritent d’être identifiées avant tout devis.
Normes et calcul de charge d’une charpente
Toute ferme charpente doit respecter des règles précises de sécurité et de performance. La réglementation encadre la conception, le dimensionnement et la pose en France.
Le DTU 31.1 et ses exigences
La réglementation DTU 31.1 fixe les standards de conception et de construction des charpentes en bois. Ce texte technique encadre les sections minimales, les assemblages et les essences autorisées. Sa version en vigueur doit être vérifiée auprès d’un bureau d’études avant travaux.
Consulter la réglementation DTU 31.1 est indispensable pour tout projet de charpente bois. Un charpentier certifié applique ces règles lors du dimensionnement initial.
Le calcul de charge, une étape technique
Chaque ferme supporte un poids défini par calcul. Les charges permanentes, comme le poids des matériaux, s’ajoutent aux charges temporaires liées à la neige ou au vent. Des logiciels de dimensionnement professionnels croisent ces données avec les normes Eurocode 5 pour valider une structure.
Un bureau d’études structure valide ces calculs avant le dépôt du permis de construire. Cette étape technique évite les désordres structurels après la pose. Elle conditionne aussi la garantie décennale du constructeur.

Prix et entretien d’une ferme charpente
Le budget d’une charpente varie selon le matériau, la portée et la complexité du modèle choisi. L’entretien conditionne ensuite la durée de vie réelle de la structure.
Une ferme latine est la solution la plus économique, tandis qu’une Palladio ou une Polonceau demande un savoir-faire plus pointu. Le tarif de pose d’une charpente varie fortement selon la surface et la région de réalisation. Un devis détaillé par un professionnel est la meilleure façon d’anticiper ce coût.
Un contrôle visuel régulier détecte fissures, déformations et attaques d’insectes xylophages. Un traitement préventif tous les dix ans prolonge la durée de vie du bois. Les fermes métalliques exigent plutôt une surveillance de la corrosion aux points d’ancrage.
FAQ sur la ferme charpente
Qu’est-ce qu’une ferme de charpente ?
Une ferme de charpente assemble des pièces de bois ou de métal en triangle. Elle supporte la toiture et répartit les charges vers les murs porteurs.
Quelle est la différence entre une ferme latine et une ferme à la Mansart ?
La ferme latine limite l’aménagement des combles par son entrait bas. La ferme à la Mansart libère au contraire un vrai espace habitable sous toiture.
Peut-on aménager les combles avec une ferme charpente ?
Oui, certains modèles comme la Mansart ou l’entrait retroussé libèrent l’espace sous toiture. D’autres, plus encombrants, limitent la hauteur utile disponible.
Combien coûte la pose d’une ferme de charpente en bois ?
Le prix dépend de la portée, du matériau et de la complexité du modèle. Un devis personnalisé est nécessaire pour un chiffrage fiable.
Comment choisir le type de ferme adapté à son projet ?
La portée entre murs, la pente du toit et le projet d’aménagement des combles guident ce choix. Un professionnel recommande le modèle le plus adapté.
Faut-il entretenir une ferme de charpente régulièrement ?
Oui, un contrôle visuel annuel repère fissures et attaques d’insectes. Un traitement préventif du bois garantit sa longévité sur plusieurs décennies.