Le traitement bois charpente détermine la résistance d’une structure aux insectes xylophages et à l’humidité. Les classes de risque et les normes NF EN définissent le niveau de protection requis selon l’exposition.
Une charpente non protégée reste vulnérable aux termites, aux capricornes et à la pourriture fongique. La norme NF EN 335 classe les bois selon cinq niveaux de risque biologique. Le choix du procédé dépend de l’essence, de l’usage et du budget disponible.
L’essentiel à retenir sur le traitement du bois de charpente,
- Le traitement par autoclave fournit la protection la plus durable (plus de 30 ans) mais demeure réservé aux ateliers industriels certifiés CTB-B+.
- La norme NF EN 335 fixe cinq classes d’emploi qui déterminent le traitement adapté selon l’exposition à l’humidité et au sol.
- Certaines essences comme le chêne ou le châtaignier possèdent une durabilité naturelle suffisante pour limiter, voire éviter, tout traitement chimique complémentaire.
Le traitement par autoclave assure une protection durable du bois

Le procédé autoclave imprègne le bois sous une pression pouvant atteindre 12 bars, ce qui permet au produit de pénétrer profondément dans l’aubier. Cette technique demeure la référence pour le traitement du bois de charpente destiné aux classes d’emploi 3 et 4. Ces dernières correspondent aux pièces exposées aux intempéries ou en contact direct avec le sol. Le bois est d’abord placé dans une cuve étanche où l’air est extrait par une phase de vide. Puis, on injecte un produit fongicide et insecticide sous pression contrôlée.
Les sels de bore, les triazoles et les composés à base de cuivre font partie des substances actives employées par les industriels certifiés CTB-B+. L’Institut technologique FCBA valide la conformité des lots traités. Il suit la norme NF EN 351-1, qui fixe les seuils de pénétration et de rétention du produit dans chaque essence.
Un résineux comme le pin sylvestre absorbe mieux le traitement qu’un bois dense comme le chêne, dont l’aubier réduit limite fortement la pénétration en profondeur. La durée de vie obtenue dépasse généralement 30 ans en usage extérieur. Mais c’est sous réserve conforme aux préconisations techniques du fabricant certifié.
Les classes d’emploi encadrent le traitement bois charpente

La norme NF EN 335 définit cinq classes d’emploi pour organiser précisément l’exposition biologique du bois. Cela va de la classe 1 en intérieur sec à la classe 5 en immersion permanente en eau de mer. Cette classification conditionne directement le choix du traitement du bois de charpente à appliquer avant toute mise en œuvre sur un chantier. Une charpente traditionnelle correctement abritée sous toiture relève habituellement de la classe 2. Il s’agit ici de tolérer une humidité occasionnelle sans contact prolongé avec l’eau stagnante.
Les pièces situées en extérieur et non protégées, comme une terrasse ou une pergola, basculent en classe 3 et nécessitent un traitement renforcé contre les intempéries répétées. Le contrôleur technique ou le bureau d’études vérifie la cohérence entre l’essence choisie. Sa durabilité naturelle et la classe d’emploi requise par le DTU 31.2 applicable à la charpente bois.
Un non-respect de cette correspondance expose le propriétaire à un défaut de garantie décennale en cas de sinistre lié aux insectes xylophages ou aux champignons lignivores. Les artisans qualifiés Qualibat RGE intègrent toujours cette analyse réglementaire avant d’intervenir sur une ossature bois neuve ou rénovée durablement.
Les méthodes courantes de traitement bois charpente sur chantier
Le badigeonnage au pinceau ou au pistolet demeure la méthode la plus accessible pour un traitement du bois de charpente réalisé directement sur chantier. C’est notamment le cas lors d’une rénovation où le démontage complet des pièces s’avère a priori impossible. Ce procédé applique un produit fongicide et insecticide en surface. Et cela se fait avec une pénétration limitée à quelques millimètres selon la porosité de l’essence traitée.
La méthode du trempage s’effectue dans un bac ouvert pendant plusieurs minutes. Elle apporte une pénétration légèrement supérieure au badigeon tout en restant réalisable directement sur un chantier équipé. Ces deux techniques conviennent surtout aux classes d’emploi 1 et 2. Il s’agit des charpentes situées à l’intérieur d’un bâtiment fermé, et durablement abritées. Le traitement thermique, ou bois rétifié, chauffe le matériau entre 180 et 230 degrés en l’absence totale d’oxygène. Cela modifie sa structure cellulaire sans ajout chimique.
Cette technique améliore la stabilité dimensionnelle et la résistance biologique du bois. Mais, elle demeure peu répandue pour les grosses sections de charpente en raison de son coût élevé. Le choix final dépend toujours de l’essence retenue, de l’accessibilité des pièces et de la classe d’emploi visée.
La durabilité naturelle des essences réduit le besoin de traitement bois charpente
Le chêne, le châtaignier et le robinier ont une durabilité naturelle de classe 1 ou 2 selon la norme NF EN 350. Cela leur permet parfois de se passer d’un traitement complémentaire en classe d’emploi 2. Ces essences produisent naturellement des tanins et des composés extractibles. De cette manière, elles peuvent repousser les insectes xylophages et ralentir le développement des champignons lignivores au fil des années.
À l’inverse, le sapin, l’épicéa et le peuplier affichent une durabilité naturelle faible, classée 4 ou 5. Cela impose systématiquement un traitement préventif avant toute mise en œuvre en charpente. Le pin sylvestre occupe une position intermédiaire, avec un cœur peu durable. Mais, un aubier accepte particulièrement bien l’imprégnation par autoclave industriel.
Les charpentiers privilégient fréquemment le douglas pour les structures apparentes. Cela tient à son cœur rougeâtre qui atteint la classe de durabilité 3 ou 4 sans traitement chimique supplémentaire nécessaire. Le choix de l’essence en amont du chantier permet donc de réduire significativement le coût global du traitement. On peut même s’en dispenser légalement selon la classe d’emploi visée et les préconisations du DTU applicable.
Le prix du traitement bois charpente selon la méthode choisie
Le coût d’un traitement du bois de charpente varie fortement selon la méthode retenue, la classe d’emploi visée et le volume de bois à traiter. Un badigeon appliqué sur chantier coûte nettement moins cher qu’une imprégnation en autoclave réalisée en atelier industriel certifié.
Et le prix dépend aussi de l’accessibilité de la charpente, une intervention en rénovation exigeant habituellement un échafaudage ou une protection des combles habités. Les fourchettes ci-dessous reflètent les tarifs constatés sur le marché français pour chaque type de traitement.
| Type de traitement | Classe d’emploi visée | Prix indicatif | Durabilité estimée |
|---|---|---|---|
| Badigeon sur chantier | Classe 1 à 2 | 8 € à 15 € / m² | 5 à 10 ans |
| Trempage en atelier | Classe 2 à 3 | 15 € à 25 € / m² | 10 à 15 ans |
| Autoclave industriel | Classe 3 à 4 | 180 € à 350 € / m³ | Plus de 30 ans |
| Traitement thermique | Classe 2 à 3 | 400 € à 700 € / m³ | 20 à 25 ans |
FAQ
Faut-il traiter le bois de charpente déjà installé depuis plusieurs décennies ?
Un contrôle par un technicien certifié permet de détecter d’éventuelles attaques actives avant toute décision. Si aucun insecte xylophage n’est présent, un traitement préventif complémentaire reste recommandé en zone à risque.
Le traitement du bois de charpente est-il obligatoire en construction neuve ?
Aucune loi nationale n’impose un traitement systématique, mais le DTU 31.2 exige une cohérence entre l’essence et la classe d’emploi. Certaines communes situées en zone à risque termites imposent des contraintes locales supplémentaires via un arrêté préfectoral.
Combien de temps dure l’efficacité d’un traitement autoclave ?
Un traitement autoclave conforme à la norme NF EN 351-1 protège généralement la charpente pendant plus de 30 ans. Cette durée suppose une pose correcte évitant tout contact prolongé avec une source d’humidité stagnante.
Peut-on traiter soi-même une charpente sans faire appel à un professionnel ?
Un particulier peut appliquer un produit de traitement en badigeon pour de petites surfaces accessibles en classe d’emploi 1 ou 2. Les traitements par autoclave ou par injection profonde restent réservés aux professionnels équipés du matériel adapté.
Quelle différence existe entre un traitement préventif et un traitement curatif ?
Le traitement préventif protège un bois sain avant toute attaque, tandis que le traitement curatif élimine des insectes ou des champignons déjà installés. Le traitement curatif nécessite souvent une injection sous pression directement dans les galeries d’insectes détectées.
