Le xylophene bois protège la charpente contre les insectes et les champignons lignivores. Cette marque de référence combine des principes actifs insecticides et fongicides adaptés à chaque essence et à chaque classe d’exposition.
Par Julien Marchand, expert bois et charpente certifié Qualibat, article publié le 12 mars 2024 et mis à jour le 7 septembre 2026.
Une charpente non protégée est vulnérable aux termites, aux capricornes et à la pourriture fongique. Le xylophene bois figure parmi les produits les plus utilisés pour prévenir ces attaques. Sa formule combine des substances insecticides et fongicides ciblées.
À retenir sur le xylophène pour le bois :
- Le produit associe cyperméthrine et propiconazole ou tébuconazole selon la gamme.
- Un décapage préalable améliore la pénétration sur bois déjà fini.
- Son efficacité dépend de la classe d’emploi et de l’essence traitée.
Composition chimique du xylophène pour le bois
La marque Xylophène commercialise plusieurs formulations selon l’usage visé. Pour la charpente, le produit associe un insecticide de contact, la cyperméthrine, à un fongicide systémique. Ce dernier appartient à la famille des triazoles, souvent du propiconazole ou du tébuconazole.
La cyperméthrine élimine les insectes xylophages présents dans les galeries. Le triazole associé empêche le développement des champignons lignivores responsables de la pourriture. Cette double action distingue le xylophène des traitements industriels à base de sels de bore.
Certaines formulations utilisent des solvants organiques pour faciliter la pénétration dans les fibres. Cette composition mérite une attention particulière sur la qualité de l’air intérieur, surtout en comble habité mal ventilé pendant l’application.
Décapage et préparation avant traitement
Le xylophène pénètre mal un bois ciré, verni ou peint. La couche protectrice bloque l’absorption du produit et réduit son efficacité sur la durée. Un ponçage léger suffit parfois à ouvrir les fibres superficielles.
Sur une charpente ancienne déjà traitée avec un vernis, un décapage chimique ou thermique est requis avant toute nouvelle application. Cette étape conditionne la profondeur de pénétration du produit dans l’aubier.
Le traitement par injection de xylophène contourne partiellement ce problème sur les bois déjà finis. L’injection dépose le produit dans les galeries d’insectes détectées, sans dépendre de la porosité de surface.
Le traitement par autoclave complète l’action du xylophène

Le procédé autoclave imprègne le bois sous une pression pouvant atteindre 12 bars. Cette pression pousse le produit dans l’aubier, bien au-delà de ce qu’un badigeon de xylophène permet en surface. Cette technique est la référence pour les classes d’emploi 3 et 4.
Le bois est d’abord placé dans une cuve étanche où l’air est extrait par une phase de vide. Un produit fongicide et insecticide pénètre ensuite sous pression contrôlée. Les sels de bore, les triazoles et le cuivre figurent parmi les substances employées par les ateliers certifiés CTB-B+.
L’Institut technologique FCBA valide la conformité des lots traités selon la norme NF EN 351-1. Cette norme fixe les seuils de pénétration et de rétention du produit dans chaque essence traitée en atelier industriel.
Un résineux comme le pin sylvestre absorbe mieux le traitement qu’un bois dense comme le chêne. La durée de vie obtenue dépasse 30 ans en usage extérieur, sous réserve d’une pose conforme aux préconisations du fabricant.
Les classes d’emploi encadrent le choix du produit

La norme NF EN 335 définit cinq classes d’emploi selon l’exposition biologique du bois. Cela va de la classe 1 en intérieur sec à la classe 5 en immersion permanente en eau de mer. Cette classification conditionne le traitement à appliquer avant tout chantier.
Une charpente traditionnelle abritée sous toiture relève de la classe 2. Le xylophène en badigeon convient à ce niveau de risque, sans nécessiter d’imprégnation industrielle coûteuse.
Les pièces exposées en extérieur, comme une pergola, basculent en classe 3. Elles réclament un xylophène adapté au bois extérieur, formulé pour résister aux intempéries répétées et aux cycles d’humidité.
Le bois de classe 4 obligatoire en extérieur concerne les pièces en contact direct avec le sol ou l’eau. Le contrôleur technique vérifie la cohérence entre l’essence, sa durabilité naturelle et la classe requise par le DTU 31.2.
Traitement préventif ou curatif au xylophène
Le traitement préventif protège un bois sain avant toute attaque. Il s’applique en badigeon ou en pulvérisation sur une charpente neuve, sans galerie d’insecte détectée au préalable.
Le traitement curatif élimine des insectes ou des champignons déjà installés dans les fibres. Il nécessite souvent une injection sous pression dans les galeries repérées lors du diagnostic.
À lire aussi : traitement par injection de xylophène.
Choisir entre traitement curatif et préventif dépend du diagnostic initial. Un technicien certifié identifie les zones actives avant de recommander la méthode adaptée à la charpente concernée.
Pour une infestation avérée, un traitement ciblé contre le capricorne combine souvent injection profonde et pulvérisation de surface. Cette double approche vise les larves logées dans le bois et les adultes en circulation.
Les méthodes d’application sur chantier
Le badigeonnage au pinceau ou au pistolet est la méthode la plus accessible sur chantier. Ce procédé applique un produit fongicide et insecticide en surface, avec une pénétration limitée à quelques millimètres selon l’essence.
La méthode du trempage s’effectue dans un bac ouvert pendant plusieurs minutes. Elle apporte une pénétration supérieure au badigeon, tout en restant réalisable sur un chantier équipé d’un bac adapté.
Ces deux techniques conviennent aux classes d’emploi 1 et 2. Pour approfondir chaque méthode, le guide technique complet du traitement de charpente détaille les protocoles selon l’accessibilité des pièces.
Vitesse d’action et durabilité naturelle des essences
Le chêne, le châtaignier et le robinier ont une durabilité naturelle de classe 1 ou 2 selon la norme NF EN 350. Ces essences produisent des tanins qui repoussent les insectes xylophages.
À l’inverse, le sapin, l’épicéa et le peuplier affichent une durabilité faible, classée 4 ou 5. Un traitement préventif s’avère systématique avant toute mise en œuvre en charpente sur ces bois tendres.
La vitesse d’action du produit varie selon l’essence traitée. Un bois poreux absorbe le xylophène en quelques heures, tandis qu’un bois dense demande plusieurs jours pour une pénétration complète.
Les charpentiers privilégient souvent le douglas pour les structures apparentes. Son cœur rougeâtre atteint la classe de durabilité 3 ou 4 sans traitement chimique supplémentaire.
Reconnaître une attaque avant de traiter
Des trous d’envol circulaires dans le bois signalent souvent une infestation active de capricorne ou de vrillette. Une vermoulure fine au sol, sous la charpente, confirme le diagnostic sur place.
Un son creux au tapotement ou une surface qui s’effrite sous la pression trahit une attaque avancée. Pour distinguer une infestation ancienne d’une menace active, mieux vaut savoir reconnaître une charpente déjà attaquée avant toute application de produit.
Un contrôle par un professionnel est préférable avant de choisir entre badigeon préventif et injection curative. Le diagnostic conditionne l’efficacité du traitement retenu.
Prix du xylophène et durée de vie du traitement
Le coût d’un traitement varie selon la méthode retenue, la classe d’emploi visée et le volume de bois à traiter. Un badigeon coûte moins cher qu’une imprégnation en autoclave industriel. Le prix dépend aussi de l’accessibilité de la charpente. Une rénovation exige souvent un échafaudage ou une protection des combles habités pendant l’intervention.
| Type de traitement | Classe d’emploi visée | Prix indicatif | Durabilité estimée |
|---|---|---|---|
| Badigeon xylophène sur chantier | Classe 1 à 2 | 8 € à 15 € / m² | 5 à 10 ans |
| Trempage en atelier | Classe 2 à 3 | 15 € à 25 € / m² | 10 à 15 ans |
| Autoclave industriel | Classe 3 à 4 | 180 € à 350 € / m³ | Plus de 30 ans |
| Traitement thermique | Classe 2 à 3 | 400 € à 700 € / m³ | 20 à 25 ans |
Ces fourchettes sont indicatives et non vérifiées par une source de marché récente. Pour un devis fiable, les tarifs professionnels du traitement au m² varient selon la région et l’accès au chantier. La durée de vie et fréquence de renouvellement du traitement dépendent du produit choisi. Un badigeon de xylophène demande un renouvellement plus fréquent qu’une imprégnation autoclave en atelier certifié.
Cadre réglementaire européen des biocides et évolution de la formulation
L’encadrement juridique des biocides du bois a fortement évolué. La directive européenne 98/8/CE a initié ce changement majeur. Le règlement UE n° 528/2012 l’a ensuite remplacée. Autrefois, les formules contenaient des substances très persistantes. Le lindane et le pentachlorophénol étaient alors fréquents. L’Europe a progressivement interdit ces molécules toxiques.
Les fabricants ont donc dû reformuler leurs gammes. C’est le cas historique pour la marque Xylophène. Les insecticides de synthèse remplacent désormais les anciens produits. La cyperméthrine est ainsi largement utilisée à présent. Elle s’associe à des fongicides triazoles plus sûrs.
Cette transition impose une évaluation toxicologique stricte. Chaque produit subit cet examen avant sa commercialisation. En rénovation, l’application respecte le Code du travail. Les règles visent les composés organiques volatils (COV). L’opérateur porte des équipements de protection individuelle adaptés.
Un masque à filtre A2P3 protège ses voies respiratoires. Des gants en nitrile et une combinaison complètent la tenue. Ces protections sont requises pour pulvériser ou injecter. La ventilation continue des combles est obligatoire. Elle dure au moins 48 heures après le chantier. Ce délai fait baisser la concentration de solvants. Il assainit l’air intérieur avant toute réoccupation.
FAQ
Le xylophène contient-il des produits toxiques ?
Le xylophène associe un insecticide de contact et un fongicide triazole. Certaines formulations utilisent des solvants organiques à ventiler pendant l’application.
Combien de temps sécher avant d’habiter une charpente traitée ?
Un délai de plusieurs jours est recommandé selon le produit utilisé. Une ventilation continue des combles accélère l’évacuation des solvants résiduels.
Le xylophène fonctionne-t-il sur un bois déjà verni ?
Non, sans décapage préalable. Le vernis bloque la pénétration du produit et réduit son efficacité sur la durée.
Faut-il traiter une charpente ancienne sans attaque visible ?
Un contrôle par un technicien permet de détecter d’éventuelles attaques actives. Sans insecte présent, un traitement préventif est conseillé en zone à risque.
Quelle différence entre xylophène charpente et xylophène meubles ?
Les formulations diffèrent selon l’usage visé. La gamme meubles cible des attaques superficielles, la gamme charpente vise une pénétration plus profonde.
Le traitement du bois de charpente est-il obligatoire en construction neuve ?
Aucune loi nationale n’impose un traitement systématique, mais le DTU 31.2 exige une cohérence entre l’essence et la classe d’emploi visée.