La charpente à deux pentes est un type de toiture en V inversé. Elle se compose généralement de deux versants inclinés supportés par des fermes et des pannes. Sans doute le plus courant, la toiture à deux pentes est parmi les plus faciles à concevoir, de même que sa charpente se monte aisément.
Conçue selon les besoins, mais aussi selon les spécificités de la maison, la charpente peut être différente d’un projet à l’autre en termes d’aspect et de dimension. Mais les principes de construction sont les mêmes si on regarde de près sa composition.
Qu’est-ce qu’une charpente à deux pentes ?
La charpente à deux pentes est l’un des types de toiture les plus répandus en France, notamment dans les régions tempérées. Elle se compose de deux versants inclinés qui forment un triangle, celui-ci reposant sur une structure porteuse. Cette forme simple permet un écoulement optimal des eaux de pluie et offre une bonne résistance au vent.
La charpente peut être réalisée en bois massif (traditionnelle) ou en bois industriel (fermette), selon le budget et le type de couverture choisi. Chaque versant repose sur des fermes, elles-mêmes composées d’arbalétriers, d’un entrait et parfois d’un poinçon.
Beaucoup apprécient ce type de toiture pour sa facilité de conception, sa solidité et sa compatibilité avec les combles aménageables. Elle est généralement exigée dans les plans locaux d’urbanisme (PLU), en raison de son esthétique traditionnelle. Sa pente peut varier selon les régions, entre 30° et 45°, en fonction du climat et des matériaux utilisés.

Comment calculer la pente d’une charpente ?
La pente d’une charpente se calcule selon la hauteur du toit et sa largeur au sol. Elle s’exprime en pourcentage (%) ou en degrés (°), selon l’usage.
La formule classique est : pente (%) = (élévation / portée) × 100. L’élévation correspond à la différence de hauteur entre la panne sablière (en bas) et la panne faîtière (au sommet). La portée est la distance horizontale entre la sablière et l’axe central du toit.
Si la portée est, par exemple, de 400 cm et l’élévation de 120 cm, la pente est de (120 / 400) × 100 = 30 %.
La pente idéale dépend du climat, du type de couverture (tuiles, ardoises, bac acier) et du PLU local. Un toit très pentu (45° ou plus) facilite l’écoulement des eaux pluviales et de la neige, mais implique plus de bois. Un calcul précis est donc crucial avant toute pose de charpente.
Composition d’une charpente de toiture à deux pentes
La charpente d’une toiture à pente est construite avec des pièces de bois (ou de métal) composant les fermes qui sont placées généralement de façon perpendiculaire au mur dit « pignon », pour former les pentes. L’on distingue comme éléments principaux, les pannes, les chevrons et les pièces de renforts. Les fermes elles-mêmes sont constituées de deux arbalétriers se rencontrant au sommet et sont reliées à la base par l’entrait, tandis que le poinçon joint le milieu de ce dernier au faîte.
Les pannes
Ce sont de longues pièces de bois servant à relier les fermes entre elles et à accueillir les chevrons. 3 types de pannes sont ainsi disposés le long des versants. Ce sont : La panne sablière fixée sur l’épaisseur du mur porteur parfois sur l’entrait, elle est destinée à accueillir et maintenir le pied ou la partie basse du chevron, Le type intermédiaire comme renfort. La version faîtière au sommet de la charpente.
Les chevrons
Ce sont des pièces de bois à profil rectangulaire, fixées sur les pannes et placées dans le sens de la pente. Les chevrons reçoivent généralement d’autres éléments de la toiture comme le sous toiture, les liteaux, les lattes et contre-lattes, le voligeage, etc.
Les pièces de renfort
Ce sont des pièces qui permettent d’optimiser la liaison et la stabilité des grosses poutres. À titre d’exemple, on peut citer les sabots qui servent d’embases aux chevrons lorsque leurs pieds ne dépassent pas la sablière. Il y a également les échantignoles qui sont des blocs de bois se fixant sur les arbalétriers des fermes pour bloquer les chevrons, etc.
Quelle est la meilleure essence de bois pour une charpente ?
Le choix du bois est essentiel pour garantir la solidité, la longévité et la résistance d’une charpente. Pour une charpente traditionnelle, les propriétaires recherchent davantage les essences nobles comme le chêne ou le châtaignier. La raison ? Elles offrent une excellente robustesse naturelle, une bonne tenue au feu et un aspect esthétique chaleureux. Cependant, elles sont plus coûteuses et plus lourdes.
À l’inverse, pour une charpente industrielle (ou fermette), les bois résineux comme le sapin, l’épicéa ou le pin sylvestre sont privilégiés. Ces bois sont plus légers, plus économiques, et bien adaptés à la préfabrication. De plus, ils sont généralement traités contre les insectes et les champignons.
Comparons les deux options. La charpente traditionnelle offre du volume aménageable et du charme, mais coûte plus cher. La fermette est économique, mais sa structure en W condamne souvent les combles. Votre choix dépendra donc de votre budget et de vos projets d’aménagement futurs.
Le choix dépendra aussi de l’humidité ambiante, des charges à supporter, et du budget. Dans tous les cas, il est indispensable d’utiliser un bois sec, raboté et traité (CTB-B+ ou similaire), afin de garantir la durabilité de l’ouvrage.
Conception et mise en œuvre d’une charpente de toiture à deux pentes
La conception d’une charpente de toiture à 2 pentes suit quelques étapes et certaines normes, de manière à offrir une installation durable et sécuritaire. Dans ce sens, on doit prendre bien en compte :
Le choix du matériau
Pour une charpente de toiture en bois, la densité du matériau est importante. Pour la charpente traditionnelle, on privilégie les essences de bois durs comme le chêne, le châtaignier, etc. Dans le cas de charpente industrielle, ce sont les résineux comme le pin, le sapin, l’épicéa, etc., qui sont les plus courants. Dans tous les cas, il est impératif que le bois soit sec et préalablement traité avec de l’antitermite, de l’antifongique, etc. Visez la classe 2 pour une charpente ventilée sous abri. Optez impérativement pour la classe 3 si le bois risque une exposition à l’humidité.
Le calcul des pentes
Il s’agit d’une étape essentielle dans la mesure où, en dehors de la surface du bâti à couvrir, cette donnée détermine le volume de bois à utiliser et souvent leur qualité également. Une toiture à forte pente nécessite en effet des chevrons plus longs, et donc aussi des pannes plus volumineuses et résistantes. La pente s’affiche en %. Si l’élévation du chevron sur 100 cm est de 20 cm, la pente est de 20 %. Pour savoir le niveau de pente maximale réglementaire, il faut se référer au PLU. Pour calculer la pente à appliquer au pan de toiture, on fait le rapport avec l’élévation du chevron et la portée.
Plus précisément, l’élévation n’est autre que la hauteur du toit correspondant à la distance verticale entre la surface supérieure de la panne sablière et la surface supérieure de la panne faîtière.
Quant à la portée, il s’agit de la distance horizontale entre le côté intérieur de la panne sablière et le centre de la toiture (correspondant au point aligné au centre de la panne faîtière).
L’assemblage des pièces
S’agissant d’une surface pentue, le montage doit prendre en compte quelques risques, à savoir la pression de la toiture et le glissement des éléments. Le mode d’assemblage doit donc être parfait. L’on considère avant tout quelques configurations de liaison des chevrons et des pannes, à savoir : l’assemblage classique où les chevrons se placent au-dessus des pannes, et l’assemblage en « sandwich » où les chevrons viennent s’accoler à l’épaisseur des pannes.
La section et l’entraxe des chevrons
Le calcul de ces données va permettre de déterminer le nombre de chevrons à utiliser. Leur valeur dépend de quelques paramètres dont la distance entre pannes, le poids de la toiture et les éventuelles charges (neige, tombée de pluie, vent, etc.) ainsi que le poids du plafond.
L’installation de la charpente nécessite de ce fait un certain savoir-faire pas forcément accessible à tous. Même si les documents entourant cette activité abondent, il vaut mieux faire appel à des professionnels pour la conception et la mise en place de pièces aussi sensibles.
Nouvelles normes et obligations RE2020 (durcie 2025) pour les charpentes à deux pentes
Depuis janvier 2025, les travaux de construction et de rénovation doivent se conformer à la RE2020, la réglementation environnementale française. Pour les charpentes à deux pentes, cela implique un contrôle plus strict de l’empreinte carbone (avec des seuils abaissés d’environ 10%-15 %) ainsi que la provenance du bois. Par conséquent, l’Administration encourage les propriétaires à privilégier des essences locales certifiées FSC/PEFC et des bois traités de manière écologique.
De plus, les calculs de pente et de charge doivent dorénavant intégrer l’ACV (Analyse Cycle de Vie) du bâtiment. L’objectif étant d’optimiser l’isolation et la performance thermique. Les artisans charpentiers et bureaux d’études doivent également fournir des documents justifiant la conformité aux normes RE2020.
Ainsi, respecter ces exigences et choisir une charpente traditionnelle ou industrielle adaptée vous offrira la durabilité, la sécurité et la performance énergétique. Vous pouvez également profiter des aides financières pour pour isolation toiture associée.
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Coûts et financements pour les projets de charpente
En 2025, le coût d’un projet de charpente dépend fortement des matériaux utilisés et de la nature du chantier. En moyenne, il faut prévoir autour de 110 € par mètre carré. Mais avec des variations, ceux-ci peuvent atteindre 70 à 210 € selon les spécificités de la structure et la complexité de la pose.
Une charpente traditionnelle en bois se situe généralement entre 90 et 170 € par mètre carré, tandis que les modèles métalliques, en acier ou en aluminium, oscillent entre 60 et 225 € le mètre carré, selon qu’ils soient standards ou conçus sur mesure.
Pour faire face à ces dépenses, les propriétaires ont accès à divers dispositifs de financement. L’État propose notamment MaPrimeRénov’ pour isolation toiture (pas charpente seule). Le montant accordé varie selon les revenus du foyer et la nature des travaux engagés. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)permettent également de bénéficier de primes versées par les fournisseurs d’énergie pour encourager l’efficacité énergétique.
Par ailleurs, l’éco-prêt à taux zéroest une solution intéressante pour financer jusqu’à 50 000 € de travaux sans intérêts. Les ménages aux ressources modestes peuvent aussi bénéficier de subventions auprès de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Sinon, certaines communes proposent des exonérations de taxe foncière aux propriétaires qui entreprennent des rénovations.
Si vous souhaitez engager des travaux, nous vous conseillons de vous renseigner auprès des collectivités locales ou d’un conseiller France Rénov’. Ceci, afin de vérifier les conditions d’éligibilité à ces aides et d’optimiser le financement de votre projet.
À qui faire appel pour une charpente à deux pentes près de chez vous ?
Pour poser une charpente à deux pentes, l’intervention d’un charpentier local expérimenté est vivement recommandée.
Ce professionnel maîtrise effectivement les règles de calcul, les assemblages et l’adaptation aux contraintes locales (vents, climat, PLU). De plus, faire appel à un artisan RGE ou Reconnu Garant de l’Environnement permet d’accéder à certaines aides financières. Les plus répandues en France sont MaPrimeRénov’ et les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE).
Selon votre département, certains artisans proposent même des devis gratuits avec étude de la charpente sur plan. En zone rurale ou montagneuse, nous conseillons aussi de choisir un charpentier habitué aux contraintes de pente et de charge neige.
Quelles aides financières pour faire poser une charpente ?
Faire refaire ou installer une charpente représente un investissement conséquent, mais plusieurs dispositifs financiers peuvent contribuer à alléger cette dépense en 2025.
Parmi les principales aides disponibles, MaPrimeRénov’ est la plus connue. Elle est accessible sous conditions de revenus. Cette ainde financière s’applique également lorsque les travaux visent à améliorer la performance énergétique du logement, par exemple en posant un isolant sous toiture.
Les Certificats d’Économie d’Énergie, quant à eux, reposent sur une obligation faite aux fournisseurs d’énergie de soutenir les particuliers. Cela se concrétise par le biais des primes ou bons d’achat en fonction des travaux réalisés.
Par ailleurs, il y a aussi l’éco-prêt à taux zéro. Ce dernier constitue une autre solution intéressante qui permet de financer jusqu’à 50 000 € de travaux sans payer d’intérêts. Mais encore faut-il regrouper plusieurs opérations d’amélioration énergétique pour en bénéficier. Pour les foyers les plus modestes, l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) peut accorder des subventions spécifiques, en fonction de l’état du logement et des revenus du ménage.
Enfin, certaines collectivités locales, comme les communes ou départements, offrent des aides complémentaires. Il s’agit notamment des subventions directes ou des exonérations temporaires de taxe foncière. Pour en savoir plus et connaître les conditions d’éligibilité, rapprochez-vous de votre mairie ou consultez le site officiel France Rénov’.

Isolation et performance énergétique d’une toiture à deux pentes
En France, la toiture à deux pentes se prête particulièrement bien à une isolation performante, mais les solutions varient selon les régions. Dans le nord et l’est, par exemple, les hivers sont rigoureux. De la sorte, l’isolation renforcée par l’intérieur avec laine de verre ou laine de roche gagne en popularité. Ceci, afin de réduire les fortes déperditions thermiques.
En zone méditerranéenne, l’accent est mis sur la protection contre la chaleur estivale. Ainsi, les panneaux rigides posés en sarking limitent la surchauffe sous toiture. En montagne, notamment dans les Alpes et les Pyrénées, il faut combiner isolation épaisse et charpente adaptée aux fortes charges de neige.
Par contre, dans les départements d’outre-mer comme la Réunion ou la Guadeloupe, la priorité est différente. En réalité, les propriétaires recherchent davantage des isolants légers et respirants. Le but est de favoriser la ventilation naturelle pour lutter contre l’humidité et la chaleur tropicale.
Dans tous les cas, une bonne isolation améliore le confort et ouvre droit à des aides nationales. Les aides financières les plus fréquentes sont MaPrimeRénov’ et CEE. En plus de ces subventions, les propriétaires peuvent parfois obtenir des dispositifs spécifiques selon les collectivités locales.
Tendances et innovations pour les toitures à deux pentes en 2025
Les charpentes à deux pentes suivent également les tendances récentes. Ces dernières mettent en avant des solutions modulaires et préfabriquées, qui accélèrent le montage tout en garantissant une qualité constante.
Les innovations touchent également les matériaux. Le bois certifié FSC ou PEFC gagne en résistance tout en respectant l’environnement. Il y a aussi de nouvelles techniques d’isolation comme le sarking écologique ou les panneaux rigides ventilés. Par ailleurs, certaines charpentes intègrent des systèmes de récupération des eaux de pluie ou d’optimisation solaire. Ce qui répond justement aux enjeux de performance énergétique.
Ces évolutions permettent aux propriétaires de conjuguer confort, durabilité et économies d’énergie. Les artisans et professionnels doivent alors suivre ces innovations. Cela leur permet de proposer des solutions adaptées aux besoins modernes et de respecter les normes locales ainsi que les exigences des PLU.
FAQ sur la charpente à deux pentes
Quel est l’angle idéal pour une toiture à deux pentes ?
L’angle dépend du climat et du revêtement. En général, il varie de 30° à 45°. Plus la pente est forte, plus l’évacuation des eaux est efficace.
Faut-il un permis de construire pour refaire une charpente ?
Pas toujours. Si vous modifiez l’aspect extérieur ou la hauteur du toit, une déclaration préalable de travaux est obligatoire. Consultez votre PLU.
Peut-on poser une charpente à deux pentes soi-même ?
En théorie, oui, mais en pratique, cela est risqué. Il faut maîtriser le calcul de charges, les techniques d’assemblage et la sécurité. Mieux vaut passer par un pro.
Quel bois est le plus utilisé pour une charpente ?
Le sapin, le pin et l’épicéa sont les plus répandus pour les charpentes industrielles. Le chêne ou le châtaignier sont utilisés pour les charpentes traditionnelles.
Charpente fermette ou traditionnelle : que choisir ?
La fermette est moins chère et plus rapide à poser. La charpente traditionnelle est plus résistante, esthétique et permet des combles aménageables.
Quel est le prix moyen d’une charpente à deux pentes ?
Comptez entre 90 et 170 €/m² pour une charpente bois traditionnelle, et entre 60 et 225 €/m² pour une charpente métallique ou industrielle, selon les configurations.